mercredi 15 avril 2015

Extraits à propos

De Katsumi Mamine Miwa, élève de Haruchika Noguchi,
extraits de Organisation des forces en mouvement dans l'organisme humain.

Katsugen undo, la participation du conscient dans le mouvement spontané

Le Katsugen est une ressource par laquelle notre nature révolutionnaire nous permet de suivre notre mouvement spontané avec notre propre conscience. (...) Sa pratique nous permet de restaurer la force des différentes activités énergétiques dans nos 
organismes : motrices, biologique et psychique.
(...) Chacun de nous sait qu'on recouvre souvent sa vitalité et sa santé grâce au mouvement spontané de son organisme : bâillement, éructation, vomissement qui nous débarrassent d'un aliment gâté qu'on a mangé, mouvements dont on n'a pas conscience mais permettent de restaurer la vitalité dans les zones corporelles fatiguées, la manière dont on réagit instinctivement pour éviter un danger, l'association d'idées qui nous permet de retrouver la joie de vivre ...
Noguchi a noté la capacité restauratrice du mouvement spontané et a proposé la pratique de l'activité qu'il a appelé Katsugen undo.

On peut commencer la pratique du katsugen soit par quelques exercices respiratoires soit juste en laissant surgir le mouvement spontané. On doit simplement laisser faire des mouvements automatiques et agréables qui impliquent le crâne, 
les vertèbres et le bassin.

Parfois le mouvement qui surgit de la pratique du Katsugen est très dynamique alors que d'autres fois il peut être presque statique. La tension qui a stagné du fait de n'avoir pas pu satisfaire son désir, se réactive ainsi que les zones organiques où l'ampleur du mouvement avait diminué. Cette capacité renouvelée des tissus et organes restaure la fonction correcte de leurs activités biologiques.
En même temps, les mémoires, les sensations, les sentiments et les idées reliées au désir frustrés apparaissent dans notre psyché.

En conséquence, avec l'ampleur du mouvement des cellules-tissus restaurée, notre organisme entame un processus de nettoyage qui nous rend capable d'éliminer ces substances toxiques accumulées. cela veut dire que nos organes internes peuvent maintenant fonctionner normalement et que notre psyché retrouve sa sensibilité naturelle.

Par cette coordination progressive (...)  nous sentons combien des zones qui étaient très tendues se relaxent alors que les autres zones qui étaient faibles, se réactivent ; (...) 

Par conséquent, on retrouve la flexibilité qu'on avait oubliée ou perdue quand on fait face aux différentes situations dans notre vie. 

Cette souplesse nous permet :

- De vivre plus en accord avec notre nature propre.

- D'avoir une perception nouvelle et plus large de la réalité et de notre relation avec les autres.

- De respecter la manifestation spontanée de chacun et aussi bien que la sienne propre.

lundi 13 avril 2015

Le Non Faire, pourquoi faire ?




Olivier Humbert a été  élève d'Itsuo Tsuda, il anime le groupe de Montpellier.

Olivier a rejoint l'océan du ciel pur en mai 2017, il  animait le groupe de Montpellier, avec enthousiasme, simplicité et humour . Le groupe de pratique  à Montpellier continu. ici un article extrait de leur blog.

« A quoi sert une pratique du  non faire » ?

On pourrait dire « à quoi sert de cligner des yeux ou de bailler » ? 
« A quoi sert au cheval de faire tressauter ses muscles et sa peau » ?

Le vivant se manifeste ainsi quand c'est nécessaire, il s'exprime par le mouvement - mouvement qu'on voit, extériorisé ou qui n'est pas vu, mais senti parce qu'intérieur. Cette mobilité du vivant perd à être bridée et pourtant la vie en société implique ce contrôle au point que la polarisation de l'énergie dans certaines zones du corps devient excessive, entraînant des dysfonctionnements en chaîne d'ordre physiologique (sécrétion diverses perturbées), physique (crampes, postures compensatoires) et psychologiques (peurs, stress, besoins mal perçus) puisque tout se tient dans le vivant et que chaque niveau se répercute sur les autres.

Après une séance, la ré-harmonisation énergétique est perçue et, de séance en séance, elle tend à s'établir durablement malgré les contraintes habituelles de la vie sociale. Son vécu donne une impression qui s'apparente à un sommeil éveillé faisant disparaître les notions de temps et de lieu sans qu'il s'agisse de perte de conscience (comme dans le cas de la transe) et de ce fait il constitue par lui-même son propre but : réintégrer consciemment la part animale de notre nature humaine.

Lorsque la pratique est régulière, les effets durables se font sentir par étapes : d'abord la détente musculaire qui se répercute peu à peu dans le quotidien par la diminution des peurs, par un renforcement de la capacité à agir, par une régulation des besoins de nourriture, de sommeil.

On observe ensuite une optimisation des fonctionnements naturels. L'organisme devient plus réactif, mieux à même de rejeter ce qui ne lui convient pas et d'éviter la maladie. 
On peut dire que l'aptitude à être en bonne santé physique grandit en même temps que cela se répercute sur le mental.

Au fil des années enfin, des modifications importantes dans la statique s'opèrent entraînant la disparition de fonctionnements

anciens néfastes ou permettant la stabilisation d'états jugés dégressifs. 

Olivier HUMBERT




Ici le lien vers le groupe de Mouvement Régénérateur de Montpellier,
Plusieurs articles sur le sujet :

dimanche 12 avril 2015

Le mouvement régénérateur et la santé

Un Article de Denis Emonet, parut dans le n°42 de la revue principe de santé, février 2012.


Le mouvement régénérateur, intelligence curative du corps.


L’organisme humain possède une faculté innée d’autorégulation. De lui-même, il sait cicatriser ses blessures, bâiller ou s’étirer pour libérer les tensions. Lorsque fièvre ou rhume nous assaillent, c’est encore lui qui met en œuvre ses mécanismes de défense. Ni technique, ni thérapie, ni science du comportement, le mouvement régénérateur nous enseigne comment réactiver ce système involontaire, capable de détecter l’origine des dysfonctionnements et de les régulariser.

L’être humain possède un puissant instinct vital: son rôle consiste d’abord à construire l’organisme, puis à maintenir son équilibre. Si cette force est grande au début de la vie, elle se retrouve souvent bien affaiblie à l’âge adulte pour de multiples causes. La première d’entre elles tient sans doute dans cette lutte que l’on mène systématiquement contre un symptôme, pour peu qu’il soit douloureux ou perturbant. La plupart du temps, on cherche à le faire disparaître, sans se demander s’il a une fonction. Certains de ces symptômes,pathogènes, nécessitent effectivement une intervention extérieure: ils révèlent un dysfonctionnement que le corps n’est pas – ou plus – capable de gérer seul.

Mais la plupart des maladies devraient, au contraire, être accueillies avec gratitude, car elles sont le signe que l’organisme est en train de réagir pour restaurer son équilibre: la fièvre est une réaction de défense en cas d’invasion microbienne, le rhume permet de se rétablir après un choc thermique, mais aussi de dissiper un excès de fatigue physique ou psychique. Tensions musculaires, crampes, larmes, agitation nocturne chez les enfants permettent elles aussi d’évacuer des pressions trop fortes. Ces manifestations, certes désagréables, représentent, à un moment donné, pour le corps et l’esprit, le meilleur moyen de se réguler.

Les douleurs, de bons signes

En neutralisant ces manifestations, on ne règle pas pour autant le problème. Pis, en contrariant le travail de l’organisme, on retarde sa guérison effective et on s’expose à des risques de rechute ou d’aggravation. Par exemple, une crispation au niveau maxillaire a dégénéré en hypertension artérielle après qu’un praticien mal avisé l’a traitée par un moyen mécanique: du coup, la tension interne, ne pouvant plus s’extérioriser dans les mâchoires, a cherché un autre exutoire. De même pour une affection plus répandue: le rhume. Si on perturbe son évolution naturelle en prenant des médicaments, on en ressort épuisé, alors que si on lui laisse faire son travail, on se sent remis à neuf par la suite, la peau plus transparente. La durée du rhume, qui peut varier de quelques minutes à plusieurs semaines, est une indication précieuse sur l’état de l’organisme, tout comme la vitesse de cicatrisation.

Plutôt que des maux, la plupart des maladies courantes représentent une réaction saine face à une anomalie. C’est au contraire leur absence qui doit inquiéter: cela signifie que l’organisme a perdu sa capacité à détecter ce qui n’est pas en ordre. Privé du signal d’alarme que représente la douleur, il ne réagit pas. Le mal fait alors son nid en silence, et lorsque les premiers symptômes apparaissent, il est souvent déjà bien avancé. Le cancer ou la dépression nerveuse font partie de ces maladies dites de désensibilisation.

Réveiller l’autoguérison

La sagesse populaire avait bien compris la valeur des affections bénignes qu’un vieux dicton illustre bien: «Pour ne pas avoir de grosses maladies, il faut en avoir de petites.» Car, au quotidien, elles sont le reflet d’un corps et d’un psychisme réactifs qui empêchent les dysfonctionnements de s’installer et de prendre de l’ampleur. Sans cette capacité à «sentir vite et réagir fort» – les deux piliers de la vraie santé – un organisme n’est plus capable de maintenir seul son équilibre.

Cette dégradation n’est pas irréversible et il est possible de réveiller les capacités d’autorégulation qui sommeillent en chacun de nous, d’une puissance et d’une efficacité inégalables. Rien d’étonnant à cela: cette force à l’œuvre est la même qui a su construire notre organisme, si complexe, à partir d’un simple embryon. Ce réveil, c’est ce que permet une séance de «mouvement régénérateur» qui redonne toute sa vigueur à cette capacité instinctive.

Laisser faire et accepter

Comment se déroule une séance? Il ne s’agit pas d’une pratique au sens habituel du terme, mais plutôt d’une mise en condition. On n’adopte pas de posture spécifique: on est assis, idéalement à la japonaise (sur les talons) ou en tailleur sur un coussin, immobile, les yeux fermés. Il n’y a pas de relâchement: tout au plus un lâcher prise, sans contrôle de la respiration. Toute activité volontaire est coupée: on met de côté ses préoccupations, ses idées. Pas d’objectif à atteindre, pas de recherche spécifique: il faut simplement laisser faire et accepter. Quelques gestes techniques viendront favoriser la resensibilisation: mouvement de déblocage de la colonne vertébrale, yuki ou expiration concentrée…

Ainsi, on donne carte blanche au système involontaire de l’organisme –  celui qui fait battre le cœur, provoque étirements, bâillements et pleurs, expulse les corps étrangers, cicatrise les blessures, ressoude les fractures… – pour qu’il mène à bien son travail. Il saura déclencher, au moment opportun, les réactions aptes à régulariser ce qui a besoin de l’être. Ces mouvements soudains, comme les secousses physiques, les torsions, le balancement du buste, peuvent surprendre. Pourtant, ils ne font que répondre aux besoins de l’organisme: celui-ci est en effet capable de détecter, sans risque d’erreur, la cause des dysfonctionnements, et sait d’instinct ce qu’il doit faire pour les normaliser. On peut lui accorder toute notre confiance: ces mécanismes réparateurs n’agiront jamais au détriment de l’organisme qu’il a pour mission de protéger.

Des réactions instinctives

Commence alors un processus de réajustement en trois phases.

  • La détente, d’abord. Les muscles tendus se relâchent, quittant des habitudes sclérosées: la nuque tombe en avant, on peut éprouver une douce lassitude et un besoin de sommeil qu’il faut respecter.

  • L’hypersensibilisation, ensuite. Les résidus physiques et psychiques de l’histoire personnelle remontent à la surface: des symptômes dont l’origine peut dater des premières années de vie. C’est un passage obligé: un dysfonctionnement ne peut être régularisé que s’il est d’abord perçu comme tel. Durant cette phase, les douleurs et les signes désagréables (fièvre, tensions, diarrhée ou insomnie) ne sont plus considérés comme des ennemis à neutraliser: ils sont, au contraire, le signe que l’organisme perçoit de nouveau les anomalies, et qu’il est train de les rectifier.Ce travail instinctif, puissant et pertinent, est capable d’effectuer d’importants réajustements posturaux (repositionnement d’une vertèbre, rectification d’une cambrure): le corps prend spontanément des postures parfois complexes, ou bien des mouvements d’une grande précision se déclenchent. Un organisme sensible connaît mieux que personne ses besoins spécifiques: s’il a conservé –  ou retrouvé  – toute sa réactivité, il déclenche de lui-même la réaction adéquate. Il le fait avec la bonne intensité et la bonne durée. Si, extérieurement, il ne se passe rien, le mouvement intérieur est en marche.
  • L’évacuation, enfin. Elle succède, de façon parfois soudaine et inattendue, à la phase d’hypersensibilisation. Une douleur ou un symptôme ancré depuis longtemps peut disparaître tout à coup sans laisser de trace.

Les maladies que l’on pensait chroniques disparaissent progressivement: angine, problèmes pulmonaires, digestifs, circulatoires, posturaux, moteurs, etc. On a même pu observer des cas de résorption de maladies graves (disparition de tumeur cérébrale, de symptômes d’épilepsie): cela ne signifie pas que tout peut être guéri, mais démontre les étonnantes capacités d’autorégulation de l’organisme. La respiration redescend dans le ventre, le centre de gravité s’abaisse. Les pieds se réchauffent, la tête se rafraîchit, signes d’une meilleure répartition de l’énergie dans le corps.

Le mouvement régénérateur peut s’apprendre en quelques jours, lors d’un stage. On peut ensuite passer à une pratique quotidienne qui, à long terme, permet de gagner une totale autonomie. Ce nettoyage en profondeur a des conséquences sur tous les secteurs de la vie. La santé n’est plus entendue comme une absence de maladie, mais vécue comme l’état naturel d’un organisme réajusté. Sans rien faire, on retrouve une souplesse naturelle et on adopte spontanément la posture et le geste justes. Comme n’importe quel animal.






samedi 11 avril 2015

Extrapolations...

Certains articles sont ici des amorces, des pistes de réflexion, comme des transpositions du non faire au quotidien et dans divers aspects de la vie. L'art, le jardin, la philosophie etc...

vendredi 10 avril 2015

Affinités spirituelles du Non faire ?

La pratique du  mouvement régénérateur est elle une voie spirituelle ?

Oui si l'on considère que l'harmonisation du Ki aide à vivre en adéquation avec la vie.
Ce qui est intéressant c'est qu'il ne s'agit pas d'une recherche, la spiritualité n'en est pas le but.
En quelque sorte il est tentant de dire que le KI est athée. Ainsi quelques soient nos orientations philosophiques où spirituelles, cette pratique du non faire est une opportunité.


Au fur et à mesure de la pratique, l'on prend conscience de cette vitalité permanente du flux de la vie, les effets se font de plus en plus subtils, l'on peut passer de mouvements très extériorisés, à une manifestation beaucoup plus interne, ressentir aussi comment "le mental" cherche à s'emparer de ce non faire, en tentant des inductions, des comparaisons...Donc nous ne sommes pas absents, nous sommes bien présents mais non agissants.
L'effet le plus "gratifiant" de la pratique du mouvement régénérateur est le sentiment d'accord profond avec la vie, dans une stabilité simple.

La vie ne nous donne que des situations à vivre, il est impossible d'aller contre la vie.
La souffrance naît souvent d'une tentative d'inverser le courant , alors a défaut d 'être le courant lui même, le mouvement régénérateur est un moyen utile de nager avec le courant, c'est ici sa dimension spirituelle.

Non faire, non volonté, non volition, non agir, lâcher prise... autant d'expressions qui peuplent les traditions spirituelles diverses, non dualistes comme dualistes.
Dans le Christianisme on dit " que ta volonté soit faîte"; dans l'Islam on parle de "soumission"
 et s'il s'agissait d'un état de non faire ?

" si la chair s'est produite à cause de l'esprit, c'est une merveille ; mais si l'esprit s'est produit à cause du corps c'est une merveille de merveille"   

Cet extrait de l'évangile de Thomas est aussi une invitation à laisser le mouvement de la vie se manifester simplement au travers du corps.
L'esprit se fait matière, la matière se fait esprit, l'esprit c'est le ki animant la matière, la boucle est bouclée.

Alors oui, la dimension spirituelle du mouvement régénérateur existe sans exister, car finalement c'est la vie qui est spirituelle, le sens de la vie devient de vivre et vivre pleinement.

Est ce que non faire signifie ne plus agir ou encore faire n'importe quoi ?

Lao Tseu père fondateur du Taoisme est le chantre du Non Agir, un principe  fondamental du Taoisme est WuWei, non agir, non intervention . Et pour autant il ne s'agit pas d'un état de passivité, mais plutôt d'une invitation à l'action non agissante, agir en conformité, en adéquation avec la vie, la voie, le Tao . Ainsi "WeiwuWei" se traduit comme "agir sans agir".


                     "Agir  sans  agir  ( wei  wu  wei  )   
                     faire  sans  faire ,
                     goûter  sans  goûter ,  voir  du  même  oeil
                     le  grand  et  le  petit ,  le  beaucoup  et  le  peu ,
                     la  récompense  et  le  reproche  :  effet  de  la  Vertu "


Il s'agit de ne plus agir, si ça n'est en accord avec les circonstances réelles, une façon de ne plus choisir ou d'orienter une action dans le sens d'une attente du fruit de l'action volontaire, c'est la vie qui dirige l'action . Bien sur nous avons des conditionnements, éducatifs, moraux, sociaux etc....Nous ressentons des freins à cela et évidement ce "laisser faire la vie", ne peut se faire dans la volonté.

Le mouvement régénérateur peut nous aider dans cette perspective, car c'est son état d'esprit : le non faire c'est aussi une façon de répondre positivement à cette question : "où est ce que la vie me conduit maintenant ? " .


Olivier

La pratique du mouvement régénérateur peut nous intéresser en tant qu'artiste.

Le non faire et L'art ?


Le premier jaillissement de la créativité est spontanéité, au delà de la technique, ce courant de la vie s'exprime sous toutes les formes. 
L'art, la création, s'illustrent spontanément...Que ce soit le chant, la danse, l'image ou la poésie, qui semble le grand art tant il semble relié à la vie. Se plait t'on dans la contemplation d'un tableau dénué de poésie ? On peut s'extasier devant les prouesses techniques d'un danseur ou la virtuosité d'un musicien, que reste t'il sans la simplicité de la  poésie ? 

Il fut un temps où les artistes étaient anonymes, leur oeuvre ne leur appartenant pas, ainsi elle se fondait aisément dans le collectif. L'on retrouve cet aspect aussi avec les jeux de carte, comme le Tarot de Marseille ou le Yi King, le livre des changements, qui sont anonymes.

Aujourd'hui les artistes sont souvent enclins à laisser des preuves . L'art semble envahit de personnalité. Un artiste accomplit tel que Picasso cherchait pourtant à "dessiner comme un enfant".

Dans la danse Butô à l'origine, on recherche un "corps anonyme", "de marionnette", "de poupée", "danser avec son cadavre", "arrêter l'espace temps", "body on the edge"... Un second souffle où le danseur a cessé de danser volontairement. Le corps est préparé physiquement à accueillir cette force du Ki dansant. Le danseur ne part plus d'une technique acquise qu'il déploie ensuite sur la scène, mais il est le lieu du jaillissement du courant de la vie, sans volonté.
Le non faire est impersonnel, anonyme.
Un point commun aux oeuvres qui nous transportent, nous inspirent ou font naître en nous un sentiment de plénitude, d'accord profond, c'est leur dimension impersonnelle.
L'art sacré relève de cette "impersonnalité". Ainsi la poésie Soufie, les Haikus Japonais où la calligraphie, au de là de la compréhension, semblent universels et peuvent toucher le coeur de tous.
Que dire de l'art tribal ou des peintures rupestres, laissées comme quelques traces sur les murs des cavernes, ne nous transportent ils pas au delà de l'espace et du temps ? Et pourtant quelle simplicité ! Ce qui nous saisit c'est ce "non faire", cet anonymat, qui leur confère une universalité.

C'est alors le même courant de la vie, quel que soit son nom, Ki, Pneuma , Roua'h, Prana... qui s'exprime dans la spontanéité.


Ici un texte illustrant ce propos :


L'artiste de Butô Japonais Akira Kasai, parle de la danseuse Isadora Duncan.


"Isadora Duncan n'avait pas besoin de construire une image pour danser, pas besoin de faire l'image, de projeter une image dans son corps, sa propre vitesse intérieure était trop rapide pour passer par ce processus, si l'on fait intervenir l'image le mouvement fait un détour ; la seule chose nécessaire à sa danse est l'inspiration divine et il n'y a plus de place pour une image qui est une chose lourde et lente. L'inspiration divine lui est directement donnée par les dieux de la musique.
Elle plonge comme une prieuse plonge dans la prière, car pour elle la musique elle même est la révélation divine.
Aussitôt qu'elle plonge dans la musique, le centre de son être est allumé et elle peut danser n'importe quelle musique sans aucune difficulté technique, elle connaît à chaque instant le moment exact de cet allumage, elle devient elle même cette révélation."
      
                                                    
                                                 

Maintenant si on laisse s'exprimer la muse elle même , ici Isadora Duncan dans La danse de l'avenir, nous parle au fond de la liberté du mouvement de la vie :


"Si nous recherchons la vraie source de la danse, si nous nous tournons vers la nature, nous constaterons que l'avenir de la danse réside dans son passé - une danse qui fut et restera éternelle.
Le mouvement des vagues des vents ou de la terre possède toujours la même harmonie.
Sur la plage, nous ne nous interrogeons pas sur ce qu'était le mouvement de l'océan par le passé, ni sur ce qu'il sera dans le futur. Nous réalisons que le mouvement particulier à sa nature est éternel. Le mouvement des animaux sauvages et des oiseaux reste toujours en accord avec leur nature, avec les nécessites et les exigences de cette nature, en correspondance avec la nature terrestre.
C'est seulement lorsqu'on impose aux animaux sauvages des restrictions artificielles qu'ils perdent la faculté de se mouvoir harmonieusement et adoptent un mouvement contrarié par ces restrictions. (...)Travailler en désaccord avec la forme et le mouvement de la nature, s'efforcer - vainement - de lutter contre la loi de la pesanteur ou contre la prédisposition naturelle de l'individu, produit des mouvements stériles, incapables d'engendrer d'autres mouvements et qui au contraire meurent aussitôt qu'ils ont été accomplis (...)"

Takuan

Le non faire dans l'art du sabre ?

Takuan fut un maître Zen qui instruisit le célèbre Maître d'épée Myamoto Musashi, 

ici ces extraits de l' exposé de Takuan, nous parle de l'immédiateté de l'action sans action. C'est la liberté de la vie à l'oeuvre dans l'art du sabre.



« Ce qui importe le plus, disait Takuan, dans l’art de l’escrime, est d’acquérir une certaine attitude mentale appelée « sagesse immuable ».
Cette sagesse s’acquiert intuitivement après un entraînement pratique prolongé.
«Immuable » ne signifie pas rigide, lourd et sans vie comme un rocher ou un morceau de bois.
Il signifie le plus haut degré de mobilité autour d’un centre immuable. Le mental atteint alors le plus haut degré d’alacrité, et peut diriger l’attention partout où il faut, à gauche, à droite, dans toutes les directions requises.
Lorsque l’attention est engagée et mobilisée par l’épée dont vous frappe l’ennemi, vous perdez la première occasion d’accomplir par vous-même le geste suivant.
Vous hésitez, vous pensez, et pendant cette délibération, votre ennemi s’apprête à vous abattre. Il s’agit de ne pas lui fournir cette occasion. Il vous suffit de suivre le mouvement de l’épée qui se trouve aux mains de l’ennemi, en gardant votre mental libre de faire son propre contre-mouvement, sans que votre adversaire se déplace, et cela aboutira à sa défaite. 
Ceci, qui peut s’appeler l’attitude mentale de non-ingérence, constitue l’élement le plus vital dans l’art de l’escrime aussi bien que dans le Zen.
Si deux actions sont distantes de l’épaisseur d’un cheveu, il y a interruption. Lorsque l’on tape des mains, le son se dégage sans un instant d’hésitation. 
Le son n’attend pas, ni ne pense avant de sortir. Il n’y a pas de médiation, un mouvement suit l’autre sans interruption du mental conscient.
Si vous êtes troublé ou si vous réfléchissez à ce qu’il convient de faire, lorsque vous voyez votre adversaire prêt à vous abattre, vous lui donnez de la place, c’est-à-dire une bonne chance de vous porter un coup mortel.




Que votre défense suive l’attaque sans un moment d’interruption et il n’y aura pas deux moments séparés appelés attaque et défense.
Le caractère immédiat de votre action amènera inévitablement la défaite de votre adversaire par lui-même.
C’est comme un bateau glissant doucement dans les rapides, dans le Zen comme dans l’escrime, un esprit qui n’hésite ni ne s’interrompt, ni ne s’interpose, est fort estimé.
On se réfère souvent dans le Zen à l’éclair ou aux étincelles jaillissant du choc de deux silex. Si l’on comprend cela au sens de rapidité, on commet une lourde faute. 
L’idée doit être celle de l’instantanéité de l’action d’un mouvement ininterrompu d’énergie vitale.
Lorsqu’on fait place à l’interruption dans un secteur qui n’est pas en rapport vital avec la circonstance, on est sûr de perdre sa propre position.
Cela ne signifie pas, bien entendu, que l’on désire accomplir des choses rapidement ou dans le temps le plus court possible.
Si vous aviez en vous ce désir, sa présence même serait une interruption. 
Cette vie de non-interruption que l’on dit nécessaire à la maîtrise de l’escrime est une vie de non-effort ou de non-désir.
Du point de vue de l’art, c’est un art de non-art. C’est le principe de non-action qui meut toutes choses.
Les saisons vont et viennent et toutes choses poussent.
Simplement parce que l’essieu ne bouge pas, les rayons tournent.
Toutes ces remarques tendent à montrer que le centre de gravité de la vie reste immuable et que lorsqu’on réussit à le comprendre, toutes les activités de la vie, qu’elles soient artistiques, poétiques, religieuses ou dramatiques, dans une existence tranquille d’études ou d’intense activité, on obtient un état de réalisation de soi qui s’exprime d’une manière parfaite dans la vie et l’action. »